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L’automatisation des entrepôts : du rêve à la réalité



L’automatisation des entrepôts offre une réponse à plusieurs problématiques, telles que les variations de volumes à traiter et le temps de préparation de commandes. Les secteurs du e-commerce et de l’agroalimentaire sont les plus avancés dans ce domaine.

Il ne s’agit pas d’une tendance française ou européenne, mais bien d’une tendance mondiale visant à améliorer la productivité, gérer les pics d’activité et surtout réduire les coûts logistiques.

En Chine, Alibaba a équipé, entre autres, son entrepôt de Huiyang de 60 AGV (Automated Guided Vehicles), selon le principe « Goods to man ». Ces robots autonomes circulent sur le sol, couvert de QR codes, qui leur permettent d’identifier leur position pour acheminer les étagères contenant les articles aux préparateurs de commandes. Chaque robot peut porter jusqu’à 500 kg et a une autonomie de 4 à 5h pour 5 minutes de charge. Alibaba a ainsi réduit de 70% le travail humain dans cet entrepôt. Cette technologie est également largement déployée par Amazon, en particulier dans le nouveau site de Brétigny-sur-Orge, qui utilise 4 000 robots et emploie 670 personnes recrutées en CDI à l’ouverture.

Le concurrent d’Alibaba, JD.com, n’est pas en reste. L’entrepôt JD.com de Shanghai est entièrement automatisé, depuis la réception des articles jusqu’à l’expédition des commandes. Un bras articulé dépalettise, scanne les cartons et les dépose dans des bacs standards. Ces bacs sont acheminés sur des convoyeurs et stockés par des AGV dans des transtockeurs. Le picking est également automatisé, tout comme l’emballage et l’étiquetage des colis. Des robots déposent les colis unitairement sur des AGV, qui les dépotent dans des sacs à un niveau inférieur. Les sacs sont acheminés par d’autres robots autonomes sur le quai d’expédition, avant d’être chargés dans des camions.

Une course à la robotisation

L’e-commerce, du fait des marges réduites, mais aussi des importants pics d’activité à absorber, est certainement le secteur le plus porté aux innovations technologiques de préparation de commandes.

Ocado, principal supermarché en ligne britannique, est reconnu pour ses solutions de picking automatisées. Avant un dramatique incendie, l’entrepôt du groupe, basé à Andover, accueillait 1 100 robots qui traitaient 65 000 commandes chaque semaine. Ce ballet de robots naviguait sur des chemins de poutres de manière très précise (seuls 5mm d'espace séparaient chaque robot), dont la surface représentait l’équivalent de plusieurs terrains de football. Ils étaient dirigés par un système de contrôle aérien sous débit 4G. Les robots se déplaçaient à une vitesse maximale de 4 mètres par seconde, fonctionnaient sur batterie et se chargeaient en autonomie sur des bornes. Une préparation de commandes et son packaging pouvaient être effectués en 5 minutes, malgré les 250 000 alvéoles de stockage que comptait l’entrepôt. La reconstruction d’Andover durera deux ans. Ocado exporte désormais son savoir-faire auprès des acteurs de la grande distribution en Europe, comme Monoprix à Fleury-Mérogis, et au Japon, auprès du groupe de distribution Aeon.

Amazon est en première ligne dans cette course à la robotisation. Il exploite 50 « robotic fulfillment centers » dans le monde. Celui de North Haven, dans le Connecticut, s’étale sur 79 400 m². Il accueille 16 km de convoyeurs et plusieurs centaines de robots autonomes mobiles. L’étiquetage des colis y est automatique après le conditionnement. Des algorithmes puissants déterminent comment allouer des millions de références et plus de 100 millions d’articles aux 185 centres d’approvisionnement pour livrer à temps le client final.[1]
Mais l’automatisation ne concerne pas que les centres logistiques. Amazon prévoit en Californie un supermarché d’un nouveau type. 21% de sa surface sera dédiée à un mini entrepôt automatisé de préparation de commandes e-commerce.  Le principe « Goods to man » sera maintenu, mais cette fois à l’aide d’un transtockeur ou d’une navette et non d’AGV pour les produits secs. Les produits froids seront quant à eux prélevés par les préparateurs de commandes dans les rayons.

Mais la robotisation concerne d’autres secteurs que la distribution et l’e-commerce.

Ainsi, Armor, fleuron industriel Nantais et leader mondial dans la fabrication de ruban transfert thermique, a équipé ses entrepôts d’AGV sur-mesure conçus par la société rennaise BA Systèmes. Le picking de leurs produits semi-finis est effectué par des AGV qui les déposent sur des convoyeurs. Les produits sont ensuite palettisés par un robot puis emballés par une filmeuse automatique avant d’être conduits sur le quai d’expédition. Ce sont également des AGV qui servent les produits semi-finis dans l’atelier de découpe. Ce développement est d’autant plus remarquable que les produits sont volumineux, lourds (environ 300 kg) et cylindriques.

Des solutions logicielles complémentaires

Face à la croissance inéluctable de l’automatisation, les concepteurs de logiciels doivent proposer des solutions adaptées. L’allemand Inconso a par exemple développé des fonctionnalités de modélisation et de visualisation des systèmes automatisés. Le partenariat avec la société Doks.innovation, permet de proposer une solution d’inventaires par drones. Le drone inventAIRy® X détecte et enregistre tous les codes-barres visibles. Ces données peuvent être transmises directement à un ERP ou à un WMS.

Inconso a également accompagné Mango dans l’automatisation de son entrepôt de 180 000m² de Lliça d’Amunt, au nord de Barcelone. Leur solution inconsoWMS permet de contrôler le transit automatisé des marchandises (navettes, transtockeur de 25 mètres de haut) et d’assurer la connexion entre toutes les zones de l’entrepôt. Leur solution complémentaire inconsoDOM assure le lien entre l’ERP et inconsoWMS. Les préparations de commandes sont planifiées selon les variables de l’ERP de Mango, et la préparation d’un colis Mango pour l’expédition dure moins de 120 minutes.[2]

L’automatisation impose ainsi la recherche de nouvelles solutions digitales. TGW Logistics Group, intégrateur autrichien de solutions automatisées, vient de développer un équivalent numérique à sa solution de picking unitaire Rovolution, qui permettra d’analyser en temps réel les flux et d’anticiper les éventuels futurs dépassements capacitaires.

En conclusion, nous constatons que les solutions mécaniques et innovantes sont déjà matures et bien implantées dans de nombreux secteurs, partout en Europe. L’exploitation et le pilotage des données reste un facteur clé de succès pour se démarquer de la concurrence. L’automatisation n’est plus un rêve de logisticien, mais bien une réalité dans de nombreux secteurs
 
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