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La logistique, secteur vital



En accord avec les dernières annonces du gouvernement en ce qui concerne la politique de confinement, de plus en plus d’acteurs de la filière logistique prennent des mesures sanitaires comme le télétravail, l’annulation des rendez-vous physiques au profit de la visioconférence, ou encore les signatures électroniques, par exemple. Et le confinement entraîne un ralentissement des transactions locatives. « La logistique est frappée par une très forte diminution de l’activité de manière générale et pour une raison simple : l’impossibilité pour les acteurs du secteur de visiter les sites engendre des difficultés pour louer les surfaces ou de les vendre. L’immobilier est un métier physique, car les biens sont physiques », déclare Laurent Sabatucci, directeur associé de EOL.

Du côté des promoteurs, la plupart des mises en chantier ont été retardées et la disponibilité des financements de construction a diminué. Prologis observe dans une étude publiée sur le sujet que « la tendance est plus prononcée pour les projets spéculatifs que pour les constructions sur mesure où les travaux sur les programmes déjà en cours. Dans les zones les plus touchées par l’épidémie, ils ont ralenti en raison des restrictions de travail et d’une pause dans les inspections dans certaines municipalités ». De nombreux acteurs comme Argan ou EOL ont même choisi l’arrêt pur et simple des chantiers de construction. « Mais si pour les promoteurs d’immeubles logistiques, cette crise sanitaire entraîne une situation juridique inédite, d’un point de vue contractuel, peu de dossiers sont remis en cause, tant sur le marché d’investissement que sur le marché logistique, et ce même lorsque les chantiers n’ont pas encore démarré », souligne Laurent Sabatucci.

Une activité qui se poursuit

Malgré tout, le secteur est loin d’être à l’arrêt. Même si certains magasins ont fermé ou tournent au ralenti, les plates-formes logistiques sont, elles, restées en activité, preuve de l’importance stratégique de la filière. « Nous sommes plus que jamais mobilisés pour être en mesure de livrer tous les jours aux commerces et aux grandes surfaces les denrées alimentaires nécessaires pour nourrir la population », souligne le Groupe Stef dans un communiqué de presse. « Nous constatons effectivement des ralentissements ou suspensions d’activité sur les biens non essentiels avec, dans le même temps, des reports d’activités sur les produits incontournables et une demande croissante dans le secteur du e-commerce. Cette situation nous pousse à nous adapter en permanence, et notamment à nous mettre dans la capacité de proposer des surfaces supplémentaires à nos clients pour les aider à gérer cet accroissement d’activités sur les biens essentiels et le e-commerce », affirme Fabrice Cervoni, senior vice-président et directeur général Europe du Sud de Gazeley.

Ainsi, la ruée vers les commerces alimentaires a évidemment eu des retentissements en logistique. « Cela a provoqué un regain d’activités pour les platesformes alimentaires, avec recours au travail le dimanche et la nuit. Il faut se 1 rassurer car, selon nos clients, il n’y a pas de pénurie, la chaîne logistique continue donc à bien fonctionner », déclare Barjane. Les e-commerçants sont également très actifs avec une demande en ligne qui a fortement augmenté depuis le début du confinement, créant ainsi un besoin temporaire d’espaces supplémentaires. « Cependant, les modalités dans lesquelles la logistique va pouvoir louer des surfaces ne sont pas encore bien claires », comme le souligne Laurent Sabatucci.

La logistique, un « secteur vital »

Effet collatéral de cette situation inédite, la logistique pourrait bien bénéficier d’une meilleure image au sortir de la crise. Souvent décrié par les élus locaux et le voisinage pour son manque de glamour, le secteur est aujourd’hui au cœur de la « guerre » contre le Covid-19 annoncée par le président de la République. « Cette crise change le point de vue des consommateurs et des élus. Elle fait de la logistique un point névralgique de l’activité économique, car on peut se passer de certains magasins, mais pas des entrepôts », comme le précise Laurent Sabatucci. « Ceci, conjugué à la montée en puissance du ecommerce, me laisse penser que la logistique continuera de progresser dès la fin 2020 », anticipe-t-il.

Fabrice Cervoni, de Gazeley, pense lui aussi que « cette crise va mettre en valeur la logistique comme élément essentiel de l’infrastructure primaire de tout pays, ce qui est, là encore, positif à long terme pour notre secteur ». Ils sont rejoints sur ce point par la direction de Barjane qui mise également sur « une prise de conscience mondiale, l’importance de la réindustrialisation ou la relocalisation d’activités stratégiques sur le territoire national. C’est-à-dire réimporter les outils de production en France et déployer un réseau logistique qui permettrait l’approvisionnement de tous les bassins de population français. Ce qui accentuerait les besoins en immobilier logistique et représenterait une opportunité pour le secteur à l’issue de la crise ». Lorsqu’il se projette, Fabrice Cervoni imagine lui aussi des changements de stratégies favorables au secteur. « En plus de la dynamique du e-commerce qui bénéficie fortement à notre secteur, il est très probable que beaucoup d’acteurs vont reconsidérer les implications de la chaîne d’approvisionnement mondiale et certainement remettre en question des stratégies court termistes (qui peuvent s’avérer très dangereuses en cas de crise) pour privilégier la détention de plus de stocks afin d’assurer une meilleure continuité des activités, à court et à long termes. Si elle se confirme, cette approche ne peut être que bénéfique pour l’immobilier logistique », conclut-il.

Cependant, selon Laurent Sabatucci : « La baisse du take-up et celle de la consommation auront surement un impact sur le stock d’offres disponible dans quelques mois. Mais le taux de vacance actuel est tellement bas, voire inexistant sur certaines localités comme Lyon et Marseille, que l’impact sur le prix des actifs logistiques devrait être minime. Peut-être le blanc et des zones comme les Haut-de-France, où beaucoup de projets ont été lancés récemment, seront plus sensibles. Mais la logistique, malgré cette situation incroyable, reste un actif indispensable à l’économie. On peut donc discuter de son pricing, mais pas de son intérêt. Enfin, il est probable que de nombreux acteurs cherchent à augmenter le niveau des stocks et donc la demande d’entrepôt pour faire face à de nouveaux risques des chaînes d’approvisionnement. »

« Des mesures de risk management peuvent améliorer la capacité à faire face à l’inattendu », Caroline Ceccaldi, directrice conseil logistique et Client Care Entreprises, CBRE

« L’un des premiers enseignements de cette crise pour les groupes avec lesquels nous échangeons est la nécessité d’entreprendre une transformation de leurs grandes chaînes d’approvisionnement mondiales, trop interdépendantes de l’usine (mondiale ?) asiatique. Nous anticipons un rebond de sortie de crise au cours duquel les entreprises feront appel à leur conseil afin de modifier leurs organisations en déployant notamment des mesures de risk management pour améliorer leur capacité à faire face à l’inattendu. Retrouver plus de flexibilité, d’agilité et de robustesse pourrait signifier un retour de la production en Europe, et donc une chaîne d’approvisionnement plus proche des consommateurs. Au cœur de la crise, les secteurs de l’agroalimentaire et de la grande distribution permettent de donner une visibilité nouvelle à la logistique, épine dorsale de nos économies. Quant au e-commerce, tous les consommateurs le perçoivent désormais comme un relai et un complément des magasins. Il devrait continuer à se développer dans les mois qui viennent, nonobstant la crise. »

Source : Actualités Logistique, Business Immo
Date :
26 mars 2020
Lien : https://www.businessimmo.com/contents/117663/la-logistique-secteur-vital-1

 
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